samedi 3 février 2007

L'aliénation d'une mère

Vous vous dites, mais c'est quoi cette affaire là. Écoutez ou devrais-je dire lisez attentivement. L'autre midi je suis en ligne pour payer mon dîner au Sushi Shop et dans la file en avant de moi, il y a trois jeunes femmes, disons mi-vingtaine. L'une d'elles explique qu'elle n'a aucune affinité avec ses consoeurs de travail.

- Elles ne font que parler de leurs enfants. Elles ne sortent pas, ne vont pas au cinéma, ne lisent pas de livres, elles ne parlent que de leurs enfants.

Offusquée de l'opinion que cette femme a des mères, je relate ce que j'ai entendu à ma copine Manon à qui, dois-je avouer, je parle souvent de mes enfants.

Je lui dis : Moi j'ai une vie, j'ai des activités qui ne concernent pas mes enfants, je lis, je vais au cinéma, je vais souper avec des copines. Ma vie ne fait pas que tourner autour d'eux. Et vlan !! Ça me frappe ! Quelle illusion. Il est vrai que je fais tout ça, mais toujours en fonction de mes enfants. Si Marie-Pier a du sport le soir de mon yoga, irai-je à mon yoga ? Lorsque je vais souper avec mes amies ce n'est jamais sans m'assurer que mes enfants n'ont pas besoin de moi pour le transport, qu'ils vont avoir quelque chose à souper et même parfois envahie par la culpabilité parce que je me paie un souper au resto, je leur paie du resto à eux aussi. Le cinéma on n'en parle pas c'est super rare que j'y vais sans eux. Je vais même voir un film qui m'intéresse pas vraiment parce que mon fils ne veut pas voir celui qu'on avait choisi.

Je vous voie là près à m'opposer en me disant que c'est la responsabilité d'une mère de voir au bien-être de ces chers petits. Oui mais, à quel prix ? Et est-ce trop ?

Comme je vous dis je parle souvent de mes enfants à mes amies. Je suis super fière d'eux, mais c'est peut-être trop.

Est-ce que devenir mère c'est ça ? Est-ce que ma mère était comme ça. Pauvre elle, je pense que c'était pire parce que elle, elle restait à la maison alors elle ne devait que faire ça, s'oublier pour nous.

OK j'arrête le délire. Je pense que je dois réfléchir encore un peu à ce problème et de toute façon ma fille veut souper.

2 commentaires:

REGOR a dit…

Je l'ai toujours dit, le jour de la naissance de ma fille ainée j'ai compris que l'on ne peut aimer quelqu'un(e) autant que nos enfants !!
C'est normal de parler toujours de ceux qu'on aime...
Ce qui est moins normal c'est de s'oublier complètement pour eux.
Comme de s'oublier pour l'Autre n'est guère mieux.....j'en sais quelque chose :):)

Grande-Dame a dit…

Il faut entendre à ce sujet le numéro de François Pérusse d'un père fier des tout nouveaux gagagougous de son bébé et qui poursuit désespérément son collègue de travail (lui aussi désespéré) dans le but de l'informer de ses indésirables prouesses...